mercredi 26 mars 2008

ALEXANDRA'S PROJECT

Un film de Rolf de Heer - 2003 - Australie

Rolf de Heer, en voici un cinéaste qui mérite à être reconnu. Peut être certains d'entre vous le connaissent déjà, pour son film, le plus connu et même devenu culte "Bad Boy Bubby". Film charnière dans la carrière de ce cinéaste, puisqu'il remporte grâce à lui de nombreuses récompenses, notamment à la Mostra de Venise.

L'histoire de Rolf de Heer est assez particulière. C'est un cinéaste trouble-fait. Le genre de mec qu'on ignore et qui peut voler les récompenses des "grands". Ce fut le cas pour Bad Boy Bubby justement. Le cinéaste de l'ombre, mais qui pourtant, mérite bien plus que des yeux braqués sur lui. Il mérite que l'on s'attarde sur son travail, plus en détails.

Ici, on va parler de "Alexandra's Project". On parlera de "Bad Boy Bubby" dans une autre critique, ultérieure.
"Alexandra's Project" c'est un film à tout petit budget. Un huis clos terrifiant de malaise, surtout par son histoire troublante et inquiétante usant d'une toile de fond tellement ordinaire qu'elle en devient flippante.

Une simple histoire de couple. Un quotidien tranquille dans un quartier résidentiel australien. Lui est un homme de bureau qui gagne bien sa vie. Sa petite famille vit aisément, et n'a à priori aucune raison de changer de bord. Pourtant, la journée de Steve va bien vite se transformer en cauchemar. Lorsqu'il rentre chez lui, il pense retrouver sa maison, ses enfants, sa femme. Il ne va rester qu'une cassette vidéo et des décorations d'anniversaire. Il le fête aujourd'hui et croit d'abord à une surprise. La suite se révèlera monstrueuse...

L'intrigue de "Alexandra's Project" s'appuie sur des éléments Hitchockiens. Une vie ordinaire, un quotidien normal plongé du jour au lendemain dans la folie et des personnage sans aucuns troubles apparents.

Puis, aussi facilement la vie simpliste de chaque protagoniste est montrée, aussi facilement de manière subite et surprenante, elle change radicalement de direction. Alors, dès ce moment là, le film bascule. Un mélange subtil de paranoïa et de folie. Là ou l'on pense à une mauvaise blague au début, le doute d'une vraie terreur subsiste et finit par s'installer.

L'intelligence de la mise en scène, est d'accompagner le spectateur dans ce sentiment de surprise en permanence. Jamais on n'imagine à l'avance, l'explication raisonnée ou déraisonnée du comportement d'Alexandra dans la vidéo. Et lorsque l'on croît savoir pourquoi, ou lorsque l'on pense avoir trouver une raison, le cinéaste créé une nouvelle surprise.

Cet abandon des codes narratifs habituels, renvoie selon moi aux meilleurs huis clos de ces dernières années au cinéma. Il y'a une oppression aussi forte que celle de "Misery" par exemple. Même si le contexte est ici totalement différent.

Preuve évidente du talent de Rolf de Heer, l'utilisation de la distanciation pour montrer la violence ou le sexe.

Tout se passe à travers un écran de télévision. Il y'a une référence à l'observation, voire au voyeurisme. D'ailleurs la scène ou Steve se masturbe, montre à quel point l'observation est ici pointée du doigt.

Elle n'est plus simplement désignée comme simple oeil de quelqu'un sur quelque chose, mais agit comme vecteur à toute la narration. Toute la plongée dans la folie émane de ce que Steve voit à l'écran. Exactement en même temps que le spectateur. Il peut donc réagir de la même façon. La narration emprunte l'idée du film dans le film. Le cadrage et la mise en scène d'apporter ensuite une dimension oppressante à l'oeuvre de Rolf de Heer.

En somme, ce produit né de l'indépendantiste cinéma australien est une douce et exquise douche froide. Une oeuvre à l'ambiance Hitchcockienne, empruntant tout des grands films à suspense.

Une intrigue née d'un basculement de la normalité à la terreur, de la simplicité à la complexité, et du bonheur à la destruction. Belle initiative d'un maître du suspense contemporain.

dimanche 23 mars 2008

EXECUTIVE KOALA

Traduction Trailer:

-Est-ce que vous connaissez Mme Abe Yoko ?
-Oui...
-Elle a été assassinée.
-Et vous pensez que c'est moi qui l'ai tuée ? J'aimais profondément Yoko !
-[...]
-J'ai des blancs dans ma mémoire !
-Tu as donc oublié ? Il s'agit de violence conjugale.
-Moi ?

Un film de Minoru Kawasaki - 2006 - Japon

Le vaste monde du cinéma est parfois surprenant, tant il existe des films inclassables, des films inexplicables, ou encore des films dont on ne voit nulle part son pareil. "Executive Koala", incontestablement fait partie de ceux-là.

Un film dont on se souvient de chacune de ses scènes, mais dont il nous est impossible d'émettre un avis constructif et objectif.
Ce nouvel opus barré du cinéaste japonais Minoru Kawasaki, est une sorte de comédie loufoque, déjantée, dont il est difficile de faire un bref résumé. Juste après son film culte, "The Calamari Wrestler", le cinéaste a voulu raconter (Oui oui, raconter...) une nouvelle histoire. Un OFNI, une nouvelle fois: Keiichi, responsable de la communication dans une entreprise de Kimchi (Poivrons rouges japonais) est sur le point de négocier un gros contrat avec une entreprise coréenne. Premier élément barré, Keiichi est un Koala géant... (Oui oui...Normal)

Ensuite, il doit rencontrer les responsables de cette entreprise coréenne. Son patron, un lapin géant (toujours normal, pas de souci...) lui fait entièrement confiance. Keiichi s'execute et offre une belle visite de Tokyo à ses clients.

Plus tard, Keiichi apprend par la police que sa petite amie, Yoko, a été retrouvée assassinée. Il devient alors le principal suspect et va devoir prouver son innocence. Problème... Il a perdu la mémoire...

Alors bien sûr, il s'agit ici d'un résumé rapide et condensé. La morale est bien plus complexe à mon avis. Parce que le talent de Kawasaki (Oui, il en a quand même....) c'est de se servir de la comédie, et qui plus est déjantée et complètement timbrée pour parler d'une société en plein déclin. Du moins j'y ai vu une certaine allégorie au monde du travail. Surtout celui du Japon, ou l'employé type passe des heures et des heures au boulot, sans jamais s'arrêter. Un modèle de travail certes, mais qui coupe la personne de sa vie sociale. Alors, la représentation de l'homme en Koala, prend ici un sens.

La dualité homme/animal, et donc celle du formatage/captivité. L'homme dans une société dictée par des codes auxquels il se doit d'obéir. L'animal lui, vivant dans une liberté captive puisque dénué de capacités à travailler mais qui vit aux dépends de l'homme, avec qui il doit cohabiter. Ce rapport à deux éléments distincts mais pas si éloignés que ça l'un de l'autre renforce la morale du cinéaste de vouloir pointer du doigt une société codifiée.

Alors Minoru Kawasaki, utilise la comédie pour cacher, véhiculer même, un message beaucoup plus personnel. Un regard acerbe sur un monde actuel.

Evidemment, son film n'entre pas dans la légende. Bien loin peut se trouver l'appellation "chef d'oeuvre". Cependant, il n'en demeure pas moins un film élégant qui use d'un habillage peu commun, et d'une histoire invraisemblable pour faire passer non seulement un bon moment mais en plus de cela, un vrai moment de détente.

Parmi les moments de folie: Un handicapé qui fait du Kung-fu, un vendeur grenouille, un méchant qui tombe du ciel, une condamnation au tribunal sous forme de comédie musicale, et j'en passe... D'ailleurs, par moment, on se croirait dans "The Happiness of Katakuris" de Takashi Miike. Les références y sont à mon avis, mais dans un tout autre univers.

"Executive Koala" est un film à part. Je n'irai pas prendre de risques en disant qu'il s'agit d'un des films les plus étranges qu'il m'ait été donné de voir.
Un film dont on se souvient de chaque plan, de chaque séquence. Comme un puzzle, il faut pouvoir réemboîtée chaque pièce afin d'y voir le dessin complet.

Ici, tout part dans tous les sens, mais l'humour utilisé appelle aux fous rires, et les 1h25 de film ne se font jamais ressentir, même mieux, on en redemande...

"Executive Koala" bon film ?.... Il ne plaira pas à tout le monde, mais pour les autres, franche rigolade et grande, grande, grande expérience cinématoraphique.

Dire que des mecs comme ça font du cinéma, c'est fou, heureusement que le septième art existe... Sinon, il faudrait les enfermer.

dimanche 9 mars 2008

ALICE




Un film de Jan Svankmajer - 1988 - République Tchèque


Nous sommes en 1988. Un cinéaste pas comme les autres décide de ré-adapter à sa sauce, le légendaire conte "Alice au Pays des Merveilles". Le pays est encore appelé Thécoslovaquie, le réalisateur lui, s'appelle Jan Svankmajer.

Dès le début, le film prend une tournure originale. Quasi muet, on observe une fillette en train d'assister à la naissance d'un monde imaginaire devenu réalité. (Extrait en haut de l'article)

Son lapin en peluche prend vie, et l'entraîne dans un univers féérique, enfantin, à la fois magique et dangereux. Le cinéaste se plaît alors à tisser, à la manière du conte d'ailleurs, cet univers étrange. Rose bonbon puis fragile comme du verre.
L'assemblage du film ressemble trait pour trait à du carton pâte, une sorte de création raffistolée dans tous les coins, fabriquée à partir de rien, quelques bouts par-ci par-là.

Rien de très droit, peut être même des trucs en plastique, en bois en mousse. A l'image du lapin en peluche, qui va se recoudre lui même son trou.

C'est le parti pris formel de Svankmajer qui rend le film intéressant. Un mélange audacieux et astucieux de prises de vue réelles mélangées à des séquences animées. Un film d'animation façon "Roger Rabbit", mais image par image. On revisite ici, des années avant, le principe de Wallace et Gromit par exemple.

Sauf qu'ici, Svankmajer utilise un procédé différent de la pâte à modeler, en créant ses séquences animées à partir de poupées et de peluches.

Alice, petite fille rêveuse et atypique observe d'un oeil discret et curieux, le petit monde qui est en train de se créer autour d'elle. Les premières minutes du récit dévoilent une mise en scène en retenue. Discrète, intimiste, presque personnelle et propre au cinéaste, sans aucune autre équivalence. Ne respectant aucune norme, ne répondant à aucun code narratif prédéfini.

Non, juste une retenue incroyable, laissant place à l'image, à sa déformation, sa transformation même parfois. S'abandonnant à l'univers qui en découle, en envoyant le spectateur au pays des rêves.

C'est en fait le fait troublant et intéressant de ce film. On est en plein dans le rêve, c'est à dire un univers qui ne contient pas de frontières. Il n'existe à priori aucune limite au rêve, il n'est pas sujet aux transformations du réel. Il n'a donc aucune limite physique. L'on peut y circuler librement, s'octroyant parfois même des facéties dont on ne soupçonnerait parfois pas l'existence dans notre monde ordinaire.

Ici, tout est preuve que l'extraordinaire existe. Le film entre dans une catégorie d'oeuvres rares, osant aborder le monde imaginaire, et donc, le sensationnel.

Svankmajer est un cinéaste du sensationnel. Il fait appel aux sens du spectateur, qui se confronte à un rêve, comme s'il le faisait de chez lui, plongé dans son sommeil. Pourtant, à travers ce vaste univers, à priori sans frontière donc, le cinéaste établit un drôle de paradoxe.

A tout bout de champs, le film rappelle par sa forme, son cadre, son espace, qu'il fait appel à l'enfermement. On est en fait dans un huis clos. Un monde clôt, étroit, codifié.

La sensation d'étouffement est parfois parfaitement retranscrite à l'écran, tout comme d'ailleurs, la dimension spatiale et temporelle du film.
On ignore bien souvent combien de temps passe dans le film, ainsi que la vraie taille des différents éléments dispersés dans la maison d'Alice.

Des objets, en passant par l'univers en tant que tel, il est très difficile à analyser en terme d'espace et de taille.

En cela, l'oeuvre de Svankmajer, demeure l'une des plus réussies à mon sens, dans l'histoire du cinéma. Jje n'ai pas toutes les références pour appuyer cet avis, mais je ne pense pas me tromper de beaucoup.

Bien entendu, "Alice" n'est pas un chef d'oeuvre. D'ailleurs, sur beaucoup de points, il aurait mérité un travail plus approfondi, mais pourtant, il ne lui empêche pas d'être un très bon film. Par son originalité déjà, puis par son sens de la narration et son attrait pour l'imaginaire et le rêve.

Le cinéma véhicule tout un tas d'émotions, par lesquelles le spectateur parfois doit se confronter, dont la perte de repères, l'appel des sens, et l'évasion. Si ces éléments réunis forment un tout cohérent alors souvent, le film est une réussite. Ici, "Alice" rempli son rôle. Procurer du plaisir, de l'évasion, et faire appel à nos sens les plus enfouis...

PS: Nouvelle formule du blog, désormais, vous aurez le droit à un extrait de chaque film, suivi de sa critique.




mardi 26 février 2008

LOVE BATTLEFIELD


Un film de Cheang Po-Soi - 2004 - Hong Kong

Il y'avait des lustres, qu'un polar Hong Kongais ne prenait pas comme toile de fond, une banale histoire d'amour, virant au cauchemar. Voilà chose faite avec ce "Love Battlefield". Titre Ô combien évocateur, qui plonge le spectateur dans une prise d'otage qui vire au cauchemar.

L'otage, un jeune homme sans histoire, qui rêve de s'évader en europe avec sa petite amie. Ils prennent sur leurs économies pour partir, et lorsque le grand jour arrive, on sent l'excitation qui grandit pour notre jeune couple. Problème de taille, la voiture du jeune homme a disparue. Pas de bol, il faut rejoindre l'aéroport. Une dispute éclate dans le couple, elle, veut partir à tout prix, laissant le problème de voiture derrière eux, lui, a peur de na pas être tranquille pendant le voyage et veut régler son problème de voiture avant son départ.

La dispute est violente, le couple se sépare. Elle, rentre pour faire sa valise définitive et tout laisser, lui, va au commissariat de police pour y déposer une plainte.

Pris de remords, il fait demi-tour et croise par hasard sa voiture sur le parking d'un entrepôt. Là, commence l'enfer puisqu'en ouvrant le coffre, il se retrouve pris au piège d'un complot mené par la triade. En plein coeur de la mafia, il est pris en otage et sa mission ? Conduire les truands là ou bon leur semblera, même dans les endroits les plus dangereux. Sa copine va au fur et à mesure tenter de le retrouver.

Evidemment, rien de bien original me direz vous. A cela, j'ai envie de répondre oui, en effet. Mais, pour autant, le cinéaste n'en démords pas une seconde et tisse le fil rouge d'un film aux rebondissements dignes des plus grands polars hong kongais de ces dernières années. Un film surprenant, qui s'inquiète à montrer le basculement d'une vie en quelques secondes. Le cinéaste dépeind un portrait acerbe d'une société chinoise, et ici en l'occurence hong kongaise, à la recherche d'un idéal. L'évasion d'un quotidien parfois morose dans cette grande mégalopole. Pour preuve, le jeune homme est un simple infirmier qui passe beaucoup de temps au boulot. Entre petits bobos et blessures graves, il ne sait plus ou donné de la tête. Ecrasé peu à peu par ce quotidien, son train-train, il rêve d'évasion.

En cela, le film prend une dimension émotionnelle forte, à contrario d'autres films du même genre, pour lesquels le spectacle garantit à lui seul le détour.

Ici, les fusillades se font plus rares, on préfèrera d'ailleurs les envolées métaphysiques, les symphonies musicales digne d'un opéra, parce que le cinéaste y voit là, l'essentiel de son polar. Résumé à une sorte d'opéra justement, tragique et sombre, sorte de balet mortuaire dans lequel les chorégraphies orchestrées par l'enchaînement des situations, entraînent une observation et une attention du spectateur.

En permanence, on s'inquiète de l'avenir compromis de ce jeune infirmier. Plongé du jour au lendemain dans le haut banditisme, sans n'avoir jamais rien demandé.

Le film de Cheang Po-Soi est une vraie réussite. On lui pardonnera ses faiblesses de narration par moment. Ou même encore quelques unes de ses scènes, un peu clichées. La volonté de faire un polar soft, sans trop d'artifices, surpasse la volonté d'assister à un chef d'oeuvre. Là, nous ne sommes pas dans un chef d'oeuvre, mais dans un film d'une envergure moyenne et qui répond pleinement à notre attente. Pour moi, un vrai film, simple et sincère qui mérite plus que largement, votre attention.

mardi 29 janvier 2008

BUG



Un film de William Friedkin - 2007 - USA



On l'attendait depuis longtemps, le retour de William Friedkin, ex faiseur de chefs-d'oeuvre comme "L'Exorciste" ou "French Connection".

Disparu de la surface, puis réapparu comme par enchantement l'an passé à Cannes, Le cinéaste sait nous convaincre après son absence, grâce à "Bug", ultime souffle du maître des années 60.

Incursion viscérale dans la paranoïa d'un couple, ce nouveau long métrage implique une narration toute en surprise. Taillée dans l'épure, dans le plus pur style de Friedkin, sa mise en scène met en abîme la folie de l'Homme, livré à son quotidien.

La paranoïa véhiculée par les personnages - notamment celui incarné par le très surprenant Michael Shannon - est construite de façon remarquable. La lente et dangereuse pente qui mène à la folie est décrite comme un gouffre, dont on ne peut pas échapper. Par choix, d'une part, et par renonciation, d'autre part.

Oui, renonciation. Car le personnage féminin renconce à l'avenir au détriment d'une croyance en l'amour présent, intense, trompeur. Cette rencontre brève avec un ami de sa meilleure amie. Elle vient frapper à la chambre de son hôtel miteux, puis échange quelques mots avec cet homme troublant. Elle l'invite à partager sa chambre d'hôtel, faute de lui proposer plus pour commencer.

Rapidement, l'homme qu'elle voit en face d'elle se révèle être d'une grande intelligence. Un homme qui semble à l'extrême opposé de son ex-mari - l'excellent Harry Connick Jr - violent et manipulateur.
L'homme lui refait découvrir les valeurs primordiales de la relation humaine, celles qu'elle voulait jadis, en ayant cru en l'amour.

Doucement s'installe alors un climat d'apaisement, mais également les premiers signes d'une folie enfouie au plus profond de lui.
Se faisant passer pour un ancien militaire en cavale, assuré d'avoir été pris pour cible d'expériences scientifiques graves, il convaint la jeune femme de l'aider à se cacher.

Lente déliquescence d'une croyance en l'amour, aveugle et absurde. Elle, y croit fortement. L'apparition des premiers moustiques est alors inévitable.

Friedkin, lentement mais sûrement, est entré alors déjà depuis quelques minutes dans la folie. Cette apparition de moustiques, sonne soudain comme un signe d'une paranoïa collective. Rien n'est montré, mais on y croit.
Puis d'un, on passe à 10 moustiques. Preuve évidente d'une aggravation de l'état mental des personnages. La piste de la folie dont on ne revient plus s'offre alors au spectateur.

Et Friedkin, d'appuyer encore un peu plus sur le bouton, en cassant la rythmique du récit par des apparitions de personnages tiers, sans réelle importance, à part de souligner la maladie de nos protagonistes.

La meilleure amie qui revient convaincue qu'il n'y pas de moustiques. Comment expliquer alors les marques de mutilation sur les corps ? On y croit toujours.

D'une histoire à priori banale, l'horreur prend sa place indéniablement. De l'esquisse d'une chambre d'hôtel et d'une petite région perdue des Etat-Unis, le récit se transforme en un huis clos terrifiant d'authenticité. Une incursion remarquable et maîtrisée, dans la paranoïa et l'aveuglement.

"Bug" revisite l'horreur et le cauchemar. Belle preuve de talent, et sublime ouvrage signé Friedkin.

Bienvenue

Qui n'a jamais rêvé de faire le tour du monde ? Le cinéma le permet. Ce blog est là pour vous le prouver. Au travers de films inconnus, méconnus ou simplement mal exploités, vous découvrirez de nouveaux horizons cinématographiques. Une ouverture sur la culture cinéma à travers le monde.

Des manières de faire, parfois totalement opposées à la nôtre. Un cinéma de débrouille, des coups de coeur, des chefs d'oeuvres et des immanquables. Des panoramas sur le voyage cinématographique, des découvertes, des émotions à chaque fois différentes.

Bon voyage,

Michael